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Un blogue pétillant
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Restons dans la même veine que le superbe ventilateur Emerson récemment restauré.
Voici un vieux cadran SMI 1928, que j’ai acquis l’automne dernier d’un antiquaire de Montségur, en France. Malgré son âge, le mécanisme tient encore l’heure avec une précision remarquable... Il faut se rappeler qu’à l’époque, ces cadrans n’étaient pas des engins haut-de-gamme et par conséquent, ils n’étaient pas conçus pour tenir l’heure avec la précision des horloges d’aujourd’hui. C’était l’époque où une marge de +/- 5 minutes par jour était tolérable et normale.
De plus, l’église du quartier sonnait à toutes les heures et était la référence pour ajuster les horloges de la maison.
Me voici donc avec ce mignon cadran entre mes mains et que l’idée me vient de remettre cette antiquité ayant bravé le temps, en état d’être à nouveau utilisée dans la vie de tous les jours. C’est surtout que dans ma chambre des maîtres trône un radio-réveil plus qu’affreux aux chiffres immenses (rouges !) conçus pour être vus par les myopes les plus avancés.
Sitôt le projet démarré, deux constats s’imposent : l’alarme ne fonctionne pas (plutôt navrant pour un réveil-matin) et la patine vieillie n’est pas des plus élégante (si, si, c’est souvent joli, de l’usure). Pour la patine, ce sera un jeu d’enfants... mais pour l’alarme, c’est tout autre chose; une opération à coeur ouvert s’impose.
lundi 12 janvier 2009
Horloge SMI 1928
À coeur ouvert
Je ne sais pas si vous avez déjà observé le mécanisme d’une horloge, mais il y a de quoi émerveiller ! Tous ces engrenages machinés avec une précision obligée et tous ces ressorts aux résistances mathématiquement calculées ont de quoi captiver ceux qui, comme moi, ne pourront jamais maîtriser cette science. Bref, l’émerveillement face au mystère.
Vérifications faites, c’est le ressort de l’alarme qui est cassé. Il me faut donc tout démonter pour extraire le coupable. Quelques minutes plus tard, me voilà en quête d’un horloger... qui, après un mois de recherche, réussit à trouver un ressort qui fera mon affaire.
Remonter le puzzle
Si démonter le mécanisme fut (presque) un jeu d’enfant, le remonter fut une tout autre histoire. C’est que, voyez-vous, une horloge c’est beaucoup de ressorts.
Si, lorsqu’un ressort se décompresse, il le fait sans effort (souvent en faisant un bruit du genre «tsouinnnngggggg»), le compresser à sa plus petite taille peut rapidement devenir un effort herculéen. Le degré de difficulté est multiplié par 100 lorsque le ressort est particulièrement coriace et qu’il faut à la fois le tenir compressé, l’enrouler sur un axe qui doit s’insérer dans des rivets à l’intérieur d’un espace réduit, tout en veillant à conserver les autres ressorts bien en place. Un faux mouvement et «tsouinnnggggsss-retsouing-ploing»... vous voyez le tableau... on ne compte plus les morceaux et en prime il faut recommencer à partir de la case départ.
Le mécanisme est en un laiton des plus résistant !
Ze biggest ressort
Les attaches de sacs à poubelle deviennent vite de valeureuses alliées devant empêcher les ressorts d’exploser !
Réanimer la bête
Après le travail de moine requis pour tout remettre chacun des organes (bien nettoyé à l’alcool à friction) en place, il reste enfin à très brièvement tester le coeur de la bête. Quelques tours de manivelle et... «tic-tac-tic-tac-tic-tac» ELLE EST VIVANTE ! Suite à quoi, un nouvel arrêt cardio-vasculaire volontaire puisqu’avant de tester plus loin, il est impératif de bien huiler chaque endroit où il y a de la friction.
Bien huiler, quand nous parlons horloge, ce n’est pas de sortir la bouteille de WD-40 et en asperger aux petits vents. Premièrement, l’huile avec le temps tend à gommer (créant de la résistance dans le mécanisme)... Deuxièmement, il faut la bonne huile; pour les moins minutieux, l’huile de machine à coudre peut aller (préparez-vous à nettoyer le mécanisme très, très souvent par la suite)... mais idéalement il faut trouver une bonne huile à horloge à résistance quasi nulle, qu’il vous faudra commander sur l’Internet puisqu’à Québec, à ma connaissance, personne n’en vend. Et troisièmement, la quantité d’huile à mettre à chaque jointure est environ de la taille d’une tête d’épingle (il faut être très précis).
Seulement lorsque ce travail aura été fait de manière minutieuse pourrons-nous redémarrer durablement la bête.
À suivre...